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Comment ça marche

D'où viennent les repères, les niveaux et les temps proposés — et ce qu'une estimation vaut, ou ne vaut pas. Choisissez la profondeur de lecture.

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Comment ça marche Coach terrain

Public visé : un entraîneur qui découvre le produit. Profondeur par défaut de la page.

Les indices sont écrits en points. Le programme compare chaque temps à une référence et en tire un indice. Il l'affiche multiplié par mille, pour qu'il se lise comme un nombre entier : 1000 = le niveau du 20ᵉ Français de sa catégorie. Ce n'est pas un maximum — on peut le dépasser.

6. Ce qu'il ne fait pas

Cette section est la plus importante de la page. Un outil se juge autant sur ce qu'il refuse de faire que sur ce qu'il fait.

Il ne note pas — mais il situe

Aucune note, aucun verdict. Le programme produit des faits, des comparaisons et des repères, chacun traçable à sa source.

Mais il faut être franc : donner un barreau et une position dans ce barreau, c'est situer un nageur. Il ne dit pas « bon » ou « mauvais » ; il dit « ici », et « ici » veut dire quelque chose. Il ne note pas, il situe — et situer, c'est déjà dire beaucoup.

Il interprète aussi — dire « cet indice bas en brasse est une nage moins forte, pas un petit moteur » est une interprétation. Mais elle est toujours tracée, présentée comme une analyse, et critiquable par l'entraîneur.

Il ne mesure aucune physiologie

Pas de VO₂max, pas de lactate, pas de capacité anaérobie mesurée. Il déduit des positions métaboliques à partir de chronos.

Et une limite est structurelle, pas provisoire : la capacité glycolytique maximale — le discriminant fort sprint ↔ fond dans les modèles au lactate — n'est pas identifiable depuis les temps. Deux nageurs aux chronos strictement identiques peuvent avoir des profils métaboliques différents. Aucune quantité de chronos supplémentaires ne changera ça. C'est le plafond du non-invasif.

Il ne prédit pas, et il ne mesure pas sa propre justesse

Il ne dit pas quel temps sera nagé dimanche. Une estimation est une plage, bornée par ce qui a été démontré, et elle décrit un potentiel actuel, pas un résultat futur.

Et il n'affiche pas d'indicateur de confiance sur ses estimations. Un tel indicateur promet de dire il se trompe le plus, et cette promesse-là ne peut pas être tenue depuis des chronos seuls. Ce qu'il donne — une plage, et un refus de répondre quand la matière manque — promet moins et tient ce qu'il promet.

Il ne voit ni la technique, ni le geste, ni la personne

Il voit qu'une nage est plus lente qu'une autre. Il ne voit pas pourquoi. Il ne dit rien sur la respiration, l'appui, l'alignement. Ni sur la santé, la fatigue ou la motivation.

Il ne connaît pas l'entraînement réalisé

Seules les compétitions et les quelques tests saisis entrent dans le moteur de profil. Le suivi de la charge est un chantier distinct.

Ses angles morts structurels

  • Brasse et dos plafonnent au 200 en compétition. Un spécialiste pur n'a donc jamais d'épreuve longue dans sa nage. Son ancre aérobie doit venir d'une autre nage.
  • Et l'emprunt coûte, sans qu'on sache exactement combien. Les dix crédits de transfert disent ce qu'une nage vaut lue depuis une autre, et ils se calculent — mais aucune matrice de transfert entre nages n'est publiée, et le poids des trois ingrédients qui les composent est un choix. La solution propre reste ailleurs : un 400 nagé dans sa propre nage, saisi à la main.
  • Le moteur aérobie est mesuré sur le crawl. Sur les autres nages, il est extrapolé — et le programme le dit. Le déclin aérobie s'y lit sur la charge aérobie de l'épreuve, pas sur sa distance brute : sans effet visible aujourd'hui, faute d'épreuve longue hors crawl, mais la capacité est là.
  • Le 25 m est hors du domaine de l'estimateur. Il chevauche la mesure de vitesse pure, qui relève d'un autre module.
  • Le 400 de spécialité, lui, a désormais une référence. Le 400 dos, le 400 brasse et le 400 papillon ne sont des épreuves nulle part, donc aucun classement ne les contient : leur référence se dérive, en appliquant à la référence du 200 de la nage le pas que le crawl fait entre son 200 et son 400. Le contrôle est immédiat — appliquée au crawl, la dérivation redonne exactement son 400 publié. ⚠️ Elle suppose que les quatre nages s'écroulent pareil entre 200 et 400 : c'est vrai du dos et de la brasse, faux du papillon, dont le 400 dérivé ressort trop rapide d'environ 3 %.
  • D'autres épreuves n'ont toujours aucune référence — le 800 papillon, les 50, 800 et 1500 quatre nages, le 100 quatre nages en grand bassin (l'épreuve n'existe pas), les courses de 25 m et tout ce qui dépasse 1500. Elles ne peuvent être ni placées ni estimées, et le programme laisse la case vide plutôt que d'inventer.

Il n'est pas encore validé à grande échelle

Deux choses à ne pas confondre.

  • La référence repose sur une masse de données : près de six millions de performances pour la lecture par âge, presque 1,4 million pour calibrer le bas de l'échelle.
  • L'assemblage, lui, a été calibré sur une petite dizaine de nageurs. Les équivalences aérobies, les crédits de transfert entre nages, les temps de virage, les seuils de détection sont bornés par la littérature ou par la mesure interne, mais ajustés sur un petit échantillon.

Le socle tient ; le montage est en bêta. Il peut y avoir des aberrations et des erreurs de calcul, et c'est exactement ce que la collecte en cours doit corriger.

Il faut ajouter une circularité partielle : la référence vient des classements fédéraux, les profils sont notés contre elle, les conversions de bassin sont calées sur elle. Un biais systématique de cette source se propagerait sans se voir.

Ce qu'il faudrait pour aller plus loin

  1. Une base de comparaison plus large — plusieurs ligues, plus de nageurs. C'est de la collecte, pas de la recherche.
  2. Les temps de passage de compétition à l'échelle — pour individualiser la qualité de virage tranche par tranche, au lieu d'un modèle agrégé.
  3. Un 400 nagé dans sa propre nage pour les brasseurs et les dossistes — la seule façon propre de leur donner une ancre aérobie sans hypothèse de transfert.
  4. Plus de tests non invasifs à l'entraînement — ils sont câblés, et au 24 août 2026 aucun n'a encore été saisi sur la base. C'est le chantier de terrain qui s'ouvre, et chacun sert une ancre nommée : un T30 pour poser le seuil, un couple répété 200 / 400 ou un 12 × 25 pour poser la vitesse critique là où la ligne est vide, un n × 200 — ou plus simplement un 400 avec ses passages à 50 et 350 m — pour mesurer la référence aérobie au lieu de l'estimer, un segment lancé pour la vitesse de nage pure.
  5. Tenir compte de la croissance dans la décote, pour ne plus traiter un adolescent qui grandit comme un adulte à l'arrêt.
  6. Le lactate, si un jour l'invasif est accepté — c'est ce qui donnerait ce que les chronos ne donneront jamais.

Et une chose qui ne s'améliorera pas avec plus de données : le programme ne dira jamais ce qui se passe dans la tête d'un nageur le jour de la course.