∿The Swimming Hub

Transparence

Comment ça marche

D'où viennent les repères, les niveaux et les temps proposés — et ce qu'une estimation vaut, ou ne vaut pas.

Comment ça marche

Le chemin complet d'un chronomètre, de son entrée jusqu'à l'allure qu'il prescrit : les calculs, et la raison de chaque calcul. Tout y est écrit pour être refait — avec les données du nageur, les tables de l'étalon publiées sur sa page, un papier et une calculatrice, on doit retrouver le nombre du programme.

6. Les mécanismes de calcul des allures

Les allures de cette section sont des allures physiologiques : elles disent à quelle vitesse nager une intensité — le seuil, la référence aérobie, la récupération —, pas à quelle vitesse courir une épreuve (§ 5.2). Le panneau d'allures part de trois grandeurs mesurées, chacune par son propre protocole ; tout le reste en découle, puis deux bornes se posent sur chaque ligne.

Trois grandeurs mesurées, et tout le reste en découle
MESURÉ — trois grandeurs, trois protocoles, aucune ne se déduit d'une autre Référence aérobie n × 200 · le milieu d'un 400 · le 400 entier · un 400 estimé Vitesse critique couple répété 200/400 · 12 × 25 · le couple 200/400 de ses courses Seuil trente minutes d'effort continu · sinon un % de la référence aérobie DÉDUIT — un pourcentage publié de la référence aérobie, ou une interpolation Vitesse de nagemesurée, ou absente Anaérobieson 100, sinon un repli Puissance VO₂interpolée Résistanceinterpolée Aérobie (LT1)plafond Récupérationplafond PUIS DEUX BORNES, sur chaque ligne plancher : une distance nagée à cette vitesse, ou plus vite plafond : une course plus lente qu'elle en borne la distance

Les trois grandeurs du haut ne se déduisent jamais l'une de l'autre : chacune vient de son propre protocole. Le pourcentage publié qui relie la vitesse critique à la référence aérobie existe et il est cité — mais comme repère de comparaison, jamais comme moyen de l'obtenir.

Trois grandeurs mesurées, et tout le reste en découle
MESURÉ — trois protocoles distincts Référence aérobie n × 200 · milieu d'un 400 · 400 entier · 400 estimé Vitesse critique couple répété 200/400 · 12 × 25 · ses courses Seuil trente minutes d'effort · sinon un % de la 1re Aucune ne se déduit d'une autre. DÉDUIT — un % publié, ou une interpolation Vitesse de nage — mesurée, ou absente Anaérobie — son 100, sinon un repli Puissance VO₂ — interpolée Résistance — interpolée Aérobie (LT1) — plafond Récupération — plafond Sans source : la ligne est absente. PUIS DEUX BORNES, sur chaque ligne plancher : une distance nagée à cette vitesse, ou plus vite plafond : une course plus lente en borne la distance

Les trois grandeurs du haut ne se déduisent jamais l'une de l'autre : chacune vient de son propre protocole. Le pourcentage publié qui relie la vitesse critique à la référence aérobie existe et il est cité — mais comme repère de comparaison, jamais comme moyen de l'obtenir.

Les allures lisent la table du moment — réels et estimés mélangés — et ne voient jamais une course écartée. La vitesse critique fait exception, et c'est voulu (§ 6.1.2).

L'ordre d'application, ligne par ligne

Le tableau ci-dessous se lit dans l'ordre d'application, pour une ligne du panneau.

Le casCe que le programme en faitIssue
1Une lecture d'un jour — un test — arrive, et elle est plus lente que la référence en place.Elle est écartée du choix, avec son motif : elle dit la forme du jour, elle ne redéfinit pas le profil.écartée du choix
2Le nageur n'a aucune référence en place — pas de course exploitable.Il n'y a rien à abaisser : le test est retenu quoi qu'il lise.retenue
3Plusieurs candidates restent.La mieux mesurée gagne, selon le rang de sa voie ; à rang égal, la plus récente.référence choisie
4Les deux meilleures candidates s'écartent de 10 % à 15 %.Un drapeau jaune pour le coach. Le choix ne change pas.signalée
5Elles s'écartent de 15 % ou plus.Un drapeau rouge. Le choix ne change toujours pas : dès qu'une magnitude d'écart déciderait, c'est encore la magnitude qui déciderait.signalée
6La ligne demandée se déduit de la référence aérobie.Un pourcentage publié est appliqué.vitesse rendue
7La ligne demandée est interpolée — puissance VO₂, résistance.Elle se lit sur la courbe vitesse-durée du nageur, entre les deux ancres qui l'encadrent, à sa durée d'effort.vitesse rendue
8La ligne n'a aucune source — ni mesure, ni pourcentage applicable.Elle est absente. On ne la déduit de rien.absente

6.1 Trois grandeurs qui ne se remplacent pas

Le panneau d'allures repose sur trois grandeurs, et chacune a ses propres entrées. ⛔ Aucune ne se déduit d'une autre. Il n'y a donc pas un minimum pour avoir des allures, mais trois.

6.1.1 La référence aérobie

Quatre sources peuvent la donner : le n × 200 par paliers, les 300 m du milieu d'un 400 réellement nagé, ce même 400 pris en entier, et un 400 estimé. Les sources sont classées par qualité de mesure ; à qualité égale, la plus récente l'emporte.

Les quatre sources, rang par rang

RangLa sourceCe qu'elle vaut
1le n × 200 par paliers — le dernier palier entièrement tenu est la référencela seule mesure directe du corpus [7, 13]
2les 300 m du milieu d'un 400 réellement nagé, du 50e au 350e mètrec'est le dénominateur exact des pourcentages publiés [14] : ni départ plongé, ni finition
3un 400 réellement nagé, en entierun protocole publié à part entière [8, 40], mais la course contient le plongeon : elle lit un peu vite
4un 400 estimédernier par construction : aucune source ne dit ce que vaut la référence quand le 400 lui-même est fabriqué

⭐ Le milieu de course passe devant le 400 entier, et la raison est mécanique : le milieu exclut le plongeon, le 400 entier l'inclut. Le milieu est donc plus lent par construction, et souvent les deux lectures sortent de la même course. Les comparer comme deux candidates qui s'affrontent n'aurait aucun sens : c'est le rang qui dit laquelle est la mieux mesurée.

⚠️ Une référence lue sur le 400 entier est flatteuse. Un 400 nagé en entier contient un plongeon et un premier 100 nettement plus rapide que le reste : dans un 400 maximal, la vitesse chute après le premier 100 puis se stabilise [9]. La moyenne du 400 entier est donc au-dessus de l'allure réellement tenue, et une référence lue dessus part trop haut. Toutes les lignes qui se lisent en pourcentage de cette référence partent trop haut avec elle — le seuil quand aucun test de trente minutes ne l'a mesuré, le seuil aérobie, la récupération : la séance demande un peu plus vite que ce que le nageur peut tenir. L'erreur est petite, constante, et elle va dans le sens qui flatte.

⭐ Le programme ne corrige pas ce biais : il le nomme, et il demande la mesure. Quand la référence vient du 400 entier, la ligne le dit et invite à faire nager un 400 avec ses passages — deux marques, à 50 et à 350 m. ⛔ Aucun coefficient de rattrapage n'est appliqué : personne ne publie de quoi transformer un 400 entier en allure de milieu pour un nageur donné, et l'écart dépend du nageur — un bon plongeur y gagne plus. Le même avertissement vaut, en plus fort, pour un 400 estimé : un chronomètre que le nageur n'a même pas couru.

Le 400 des rangs 3 et 4 est celui de la table du moment (§ 5.1), dans la nage du panneau : la valeur du jour, jamais le chronomètre brut. Sans 400 dans aucun des deux bassins de la table, ces deux rangs n'ont pas de candidat.

Quel rang, et dans quel bassin

Le 400 lu est la valeur que la table du moment porte pour l'épreuve. Le rang 3 est pris quand cette valeur est, au centième près, un chronomètre individuel nagé ; dès que la table la déclare autrement — décotée, projetée, estimée, temps de relais —, dans l'un ou l'autre bassin, c'est le rang 4. Le 400 se lit dans le bassin du panneau si la table y en porte un ; sinon dans l'autre bassin, et sa vitesse passe au bassin du panneau à indice égal :

vpanneau = vautre bassin × étalonautre bassin ÷ étalonpanneau, avec les étalons adultes du 400 de la nage — publiés, ou dérivés pour le dos, la brasse et le papillon (§ 4.3) —, ou du 200 quand il manque au 400 un étalon dans l'un des deux bassins ; sans l'un ni l'autre, la vitesse passe telle quelle

Dos, brasse et papillon plafonnent au 200 en compétition : un spécialiste pur de ces nages n'a donc jamais d'épreuve officielle longue dans sa nage. Son 400 vient d'un 400 entré à la main dans ses meilleurs temps, ou nagé au test de spécialité (§ 1.5).

Quand le 400 du jour n'a pas de temps de passage, il n'y a rien à lire entre 50 et 350 m. Le programme reprend alors la dernière course de la même épreuve qui en portait, lit ses 300 m centraux, et reporte cette lecture sur le 400 courant par le rapport des deux temps totaux [D27] : une progression de 2 % sur le total donne une progression de 2 % sur le milieu.

Le calcul du milieu reporté

milieu reporté = milieu ancien × ( temps du 400 courant ⁄ temps du 400 ancien )

⛔ La ligne cesse alors d'être une mesure : elle porte le mot estimé. ⚠️ Et elle suppose que la gestion de course n'a pas changé — un nageur qui a modifié sa gestion a déplacé son milieu de course sans que son temps total le dise. Le rapport des totaux ne peut pas voir ça. C'est la limite du geste.

⛔ Le quatre nages n'a pas de correction de milieu de course [D29] : sur un quatre nages, le milieu n'est pas la même course moins ses deux bouts — c'est le dos et la brasse, les deux nages lentes. Un milieu plus lent n'y raconte pas un plongeon.

6.1.2 La vitesse critique

Trois chemins la produisent, du mieux mesuré au moins bien mesuré : le couple répété 200 / 400, le test dédié ; le 12 × 25, converti par sa régression publiée (§ 1.5.2) ; et le couple 200 / 400 lu sur ses courses. Les deux couples se calculent sur un 200 et un 400 de la même nage — deux courses distinctes, jamais un passage pris dans le 400. Le test de trente minutes n'en fait pas partie : il mesure le seuil (§ 6.1.3).

Les trois chemins, rang par rang, et le calcul

RangLa sourceCe qu'elle vaut
1le couple répété 200 / 400il ne convertit rien : il calcule directement la pente qui est la vitesse critique, et c'est le seul dont l'erreur soit publiée sous cette forme [6]
2le 12 × 25il suit de très près la vitesse critique mais la lit trop vite ; la conversion qui corrige cet écart est publiée et dépend du bassin [5]
3le couple 200 / 400 lu sur ses coursesla même grandeur, sans test à passer [3, 36] — mais sur deux chronomètres qui peuvent être éloignés de plusieurs mois

vitesse critique = (400 − 200) ⁄ (t400 − t200), en m/s

⭐ Hors décote, elle ne lit pas la table du moment. Une pente ne se comporte pas comme un temps : une ancre bâtie sur un chronomètre ne peut que ralentir quand le nageur s'arrête, mais une pente vient de l'écart entre deux points, et si l'un bouge sans l'autre, elle accélère. La vitesse critique est donc une ancre de niveau : elle lit, aux deux bouts, ses meilleurs temps, qui ne reculent jamais — après un arrêt total, ses meilleurs depuis la reprise. ⚠️ Ces deux meilleurs temps peuvent venir de deux époques : le programme ne date pas une pente, et aucune source ne dit comment le faire.

⭐ Chez un nageur dont la décote est armée, ce couple se lit dans la table du moment, donc sur des temps qui portent déjà leur décote [D33]. Le lire sur des chronomètres bruts laisserait la vitesse critique intacte pendant que tout le reste recule. Chaque temps porte sa décote une fois, et une pente ne perd pas autant que les deux temps qui la construisent.

⛔ Un chronomètre écarté ne nourrit pas le couple — c'est la règle du profil. Épreuve par épreuve et bassin par bassin, une épreuve gardée apporte son meilleur temps ; une épreuve écartée apporte son estimé, et sans estimé elle sort ; une épreuve jamais nagée reste vide. Le couple peut donc changer de bassin, ou disparaître : la ligne dit alors quel temps est écarté du profil, et pourquoi.

⭐ L'un des deux temps peut donc être un estimé — les deux, même. Un estimé est d'abord une mesure transportée : typiquement le même 200, nagé récemment dans l'autre bassin, quand l'épreuve porte un vieux chronomètre que le profil a écarté. Refuser ça reviendrait à préférer le périmé au récent. Trois gardes : l'estimé doit venir d'une classe où le profil n'a pas bougé — un estimé de déclin est refusé ; il ne doit pas s'appuyer sur l'autre temps du couple — une provenance qu'on ne peut pas suivre est refusée en bloc ; et le couple doit rester monotone, le 400 nagé moins vite que le 200. La ligne perd alors sa marque de mesure et porte le mot estimé.

⛔ Elle ne sort jamais plus rapide que l'allure de son 400 démontré. Ce 400 est celui que le profil garde, ou l'estimé qui remplace un 400 écarté, aux mêmes gardes ; sans lui, la borne se lit sur le 400 de l'autre bassin, ramené à ce bassin. Un 400 écarté ne borne plus rien. La lecture est la même sur la fiche, dans le tableau des temps cibles et en séance.

⭐ En quatre nages, une porte de plus. Avant de lire sa vitesse critique sur son propre couple, le programme regarde si le nageur est meilleur, face à la population, sur son 400 quatre nages que sur son 400 nage libre — une comparaison d'indices, pas de chronomètres. Si oui, ou si l'un des deux 400 manque, le quatre nages garde sa propre vitesse critique. Sinon, il reçoit celle de sa nage libre, transposée par le rapport des étalons des deux 400, donc ralentie : ce n'est pas un quatrième chemin, c'est la même valeur dans une autre nage. ⚠️ Conséquence à connaître : deux nageurs au même 400 quatre nages reçoivent des zones différentes selon la force de leur nage libre. Le 400 quatre nages n'a jamais été qualifié comme marqueur aérobie par une mesure — la seule source du corpus est une revue [35] — : on ne s'appuie dessus que là où il lit mieux le nageur que sa nage libre. ⛔ Et la porte n'est pas la spécialité : un spécialiste de brasse peut être meilleur, en indice, sur son 400 quatre nages que sur son 400 nage libre. Ce qu'une nage dit d'une autre reste une indication : aucune matrice de transfert entre nages n'est publiée.

⚠️ Quand aucun chemin n'aboutit, la ligne n'existe pas. Le programme ne pose aucune vitesse critique par défaut — ni à 92,7 % de la référence aérobie, ni ailleurs. C'est le cas courant en dos, brasse et papillon : la ligne y réclame un 400 de la nage, qui n'est une épreuve nulle part et doit donc être nagé en test et saisi. En aval, la résistance change de borne (§ 6.3) et la vitesse-plancher des temps cibles ne s'applique pas (§ 5.4).

Une erreur sur le 400 : ce que la soustraction en fait

La vitesse critique n'est pas un temps : c'est une différence entre deux temps. Une différence amplifie toujours l'erreur de ses termes — ce n'est pas un défaut du programme, c'est une propriété de la soustraction. Et elle ne les amplifie pas pareil : le 400, le plus grand des deux temps, y pèse plus que 1, le 200 moins. Plus le 200 et le 400 sont proches en allure, plus la différence est petite et plus l'amplification monte.

Le 400 alimente trois lignes, et rien n'oblige les trois à bouger ensemble :

  • la référence aérobie — lue sur le milieu de course, une erreur sur le temps final ne l'atteint pas du tout, puisque le milieu se lit sur les passages ; lue sur le 400 lui-même, elle la porte ;
  • la vitesse critique — lue sur le couple 200 / 400, elle l'amplifie : c'est le poids du 400 dans la soustraction ;
  • le seuil — déduit de la référence aérobie faute de test de trente minutes, il fait ce que fait la référence, ni plus ni moins.

⭐ En pratique, c'est le chronomètre à ne pas laisser traîner faux — et, quand il manque, celui qu'il vaut mieux faire nager que laisser estimer.

6.1.3 Le seuil

L'ordre tient en deux lignes.

  1. un test de trente minutes d'effort continu : la vitesse du test est le seuil, nue [3]. Trente minutes en continu, c'est la forme même du seuil ;
  2. à défaut, 88,3 % de la référence aérobie, quelle que soit la provenance de cette référence [14].

⛔ Le seuil est une valeur unique, et l'écran dit d'où elle vient : pas de fourchette. Un test de trente minutes réellement nagé pose le seuil : il ne touche pas à la vitesse critique, rien ne se redéduit derrière, et il prime sur le pourcentage — c'est une mesure contre un pourcentage.

⭐ Pourquoi ce test va au seuil, et pas à la vitesse critique. Il a été publié contre les deux : la vitesse critique se situe 3,2 % au-dessus de sa vitesse [3], et sa vitesse ne diffère pas de celle du seuil [4]. La littérature seule ne tranche pas. Ce qui tranche, c'est la forme de l'effort : un seuil se définit par une intensité tenue longtemps, d'un trait, et se mesure sur des paliers d'une trentaine de minutes ; une vitesse critique ne se nage jamais — c'est une asymptote calculée sur au moins deux distances. On range la mesure dans la grandeur dont elle a la forme, et le nombre suit : le test entre nu, il n'y a aucune grandeur à rattraper. ⛔ Le 3,2 % n'a donc aucune destination : il reste vrai, et le programme ne l'applique nulle part.

Ce que mesurent les deux publications

Contre la vitesse critique : elle se situe 3,2 % au-dessus de la vitesse du test [3]. Contre le seuil : sur 14 nageurs de 15,9 ± 1,9 ans, aucune différence entre la vitesse du test et la vitesse au seuil de 3,5 mmol — 1,29 m/s des deux côtés, corrélation 0,90 [4].

Lu à l'endroit, le 3,2 % devient un argument : si la vitesse critique est au-dessus du test de 3,2 %, et que le test colle au seuil, alors le seuil est sous la vitesse critique d'environ 3 % — le même sens que l'écart du § 6.2, sur une autre population et par une autre méthode. Deux chemins indépendants, deux amplitudes : la direction est solide, le nombre ne l'est pas.

Le 12 × 25, lui, n'a pas cette ambiguïté : sa publication le régresse vers la vitesse critique, et vers rien d'autre [5]. ⛔ Conséquence stricte : un test qui ne vise pas une grandeur ne l'alimente pas. Il est sauté, jamais converti pour l'occasion.

La tenue du seuil est vérifiée expérimentalement : à 5 % en dessous, le lactate reste stable près de 49 minutes ; à 5 % au-dessus, l'effort est rompu en moins de 9 minutes [37].

6.1.4 Ce qu'un test peut, et ce qu'il ne peut pas

Un test se nage un jour donné ; la référence en place, elle, est ce que le profil lit sur ses meilleurs temps. Une lecture d'un jour — le n × 200 pour la référence aérobie, le couple répété et le 12 × 25 pour la vitesse critique — relève sa référence, ou ne fait rien. Plus lente, elle est écartée du choix : elle informe sur la forme du moment, elle ne redéfinit pas le profil.

⚠️ Une exception, et elle est voulue : quand le nageur n'a aucune référence en place, la garde ne mord pas et le test est retenu quoi qu'il lise. Sinon on punirait un nageur d'avoir peu de courses.

⭐ Le milieu de course n'est pas une lecture d'un jour, et c'est structurel : il est la lecture d'une course que le profil tient déjà, souvent la même course que le 400 entier qu'on lui oppose. La garde a été écrite pour empêcher un test d'abaisser un profil ; entre deux lectures du même chronomètre, elle n'a pas d'objet.

6.2 Ce qui se déduit de la référence aérobie

Quatre lignes se lisent en pourcentage de la référence aérobie : le seuil, faute de test de trente minutes ; le seuil aérobie ; la récupération ; et l'anaérobie, seulement faute de 100 chronométré. Le seuil aérobie et la récupération sont des plafonds — on nage ça ou plus lentement ; toutes les autres lignes sont des intensités à tenir : le temps écrit est un temps à réaliser.

Les pourcentages, ligne par ligne

Les lignes ci-dessous sont des pourcentages publiés de la référence aérobie. Chacune porte sa source, et deux d'entre elles sont des plafonds — on nage ça ou plus lentement — et non des cibles.

LigneValeurNatureSource
Anaérobie105 %cible — repli seulementdirection publiée, amplitude décidée [D31]
Vitesse critique92,7 % (± 2,6)repère de comparaison seulementpublié [14] ; une autre mesure la situe à environ 0,92 fois la vitesse du 400 [38]
Seuil88,3 %ciblepublié [14]
Aérobie (LT1)84,6 %plafondpublié, sur mesure directe de vitesse [43]
Récupération78 %plafondrepère publié à 0,89 × la vitesse à 4 mmol, soit 78,7 à 79,5 % [45] ; la valeur retenue est prise du côté conservateur

⛔⛔ Le pourcentage de la vitesse critique est un repère, jamais un facteur de conversion. Le papier qui le publie conclut lui-même que le désaccord entre les deux grandeurs est trop grand pour les employer l'une pour l'autre [14]. Et la mesure le confirme : l'écart entre vitesse critique et seuil vaut 4,75 % chez l'adulte entraîné [14] contre moins de 1,5 % chez l'enfant et l'adolescent [42] — cinq fois plus. Aucune conversion fixe ne peut servir les deux populations. Chaque grandeur vient donc de son protocole.

Le panneau affiche, à côté du repère, le rapport réel de ce nageur. Le seuil n'est pas la vitesse critique : elle est plus rapide, et prescrire le seuil à son allure fait nager trop vite, quel que soit l'âge.

⚠️ Un plafond s'écrit avec une seule valeur et un « ≤ ». Deux nombres inviteraient à choisir alors qu'il n'y a rien à choisir : on ne nage pas plus vite que ça.

6.3 Les allures interpolées

Deux domaines n'ont pas de pourcentage propre : la puissance VO₂ et la résistance. Ils pavent les trous de l'axe du temps, et leur vitesse se lit sur la courbe vitesse-durée du nageur — loi de puissance, donc logarithme de la vitesse linéaire en logarithme de la durée — entre les deux ancres qui les encadrent, à leur durée d'effort représentative.

Elles sont affichées au panneau, marquées comme interpolées, avec leur distance maximale : ce sont des cibles de séance à part entière.

Les deux ancres qui encadrent chaque ligne

LigneEncadrée parDurée d'effort
Puissance VO₂l'anaérobie (rapide) et la référence aérobie (lente)75 à 180 s
Résistancela vitesse critique (rapide) et le seuil (lent)900 à 1800 s

⛔ Aucun pourcentage n'est écrit pour ces deux lignes, et c'est délibéré : en fabriquer un reviendrait à poser un nombre que personne n'a mesuré. Quand la vitesse critique manque, la borne haute de la résistance devient la référence aérobie — l'intervalle est plus large, la lecture plus grossière, et aucune vitesse critique n'est inventée. L'encadrement lui-même est publié : la vitesse critique se situe au-dessus du seuil [14, 44].

Sans vitesse critique, la résistance existe donc toujours — elle est prescrite en séance, elle ne peut pas s'évaporer en silence —, mais elle est lue plus grossièrement : c'est le prix de deux appuis au lieu de trois. ⛔ Et si ses deux bornes ressortent à l'envers, la ligne disparaît plutôt que de rendre un nombre qui a l'air normal et ne veut rien dire ; le drapeau d'inversion dit pourquoi. L'ordre entre les grandeurs n'est pas garanti : mesurées chacune par son protocole, elles peuvent sortir dans un ordre inattendu, et le programme ne redresse rien — réordonner deux mesures serait maquiller une donnée.

Les durées d'effort, domaine par domaine

Les durées d'effort de chaque domaine sont celles-ci :

DomaineDurée d'effort
Vitesse de nage (maximale)jusqu'à 15 s
Anaérobie15 à 75 s
Puissance VO₂75 à 180 s
Référence aérobie180 à 360 s
Vitesse critique360 à 900 s
Résistance900 à 1800 s
Seuil1800 à 3600 s
Aérobie (LT1)3600 à 7200 s

6.4 La compartimentation : ce qu'une allure aérobie n'a pas le droit de lire

⛔ Les lectures aérobies ne lisent jamais une marque de moins de 50 m. L'exclusion du 15 m et du 25 m est sourcée : le 15 m départ plongé est majoritairement subaquatique [2], et le 25 m tombe sur le pic de puissance glycolytique, vers douze secondes [11, 12]. Ni l'un ni l'autre ne décrit une allure aérobie.

⚠️ Que le 50 m, lui, reste éligible tient à sa place à la frontière, et c'est le programme qui la pose de ce côté-là [D3].

⭐ Et éligible ne veut pas dire qu'il donne une valeur aérobie — il n'en donne aucune. Seul, un 50 ne dit qu'une chose : le niveau du nageur sur 50 — une épreuve où la puissance pèse lourd [33]. C'est en couple qu'il parle : l'écart entre son 50 et son 200, ou son 400, dit s'il tient sa vitesse quand la distance monte. C'est ce qui le range sprinteur, polyvalent ou fondeur — et à deux points, c'est littéralement de l'arithmétique.

La dominance énergétique se lit sur la durée de l'effort du nageur, pas sur la distance [12].

La frontière entre les deux filières

Durée de l'effortFilière dominante
moins de 60 sanaérobie
de 60 à 120 sfrontière — le croisement est situé vers 75 s
plus de 120 saérobie

Son 100 en 50 s est anaérobie-dominant ; le même 100 en 78 s est à la frontière. La bascule sort du mécanisme, pas d'un réglage — et la mesure le confirme : la part aérobie d'un 100 vaut 51 ± 8 % [46], c'est-à-dire la moitié. Écrire « anaérobie lactique » sur un 100 sans dire qu'il est à moitié aérobie serait faux.

⛔ Le programme ne mesure aucune physiologie : ni VO₂max, ni lactate, ni capacité anaérobie. Il déduit des positions métaboliques à partir de chronomètres. Et une limite est structurelle, pas provisoire : la capacité glycolytique maximale — le discriminant fort sprint ↔ fond dans les modèles au lactate — n'est pas identifiable depuis les temps [45]. Deux nageurs aux chronomètres strictement identiques peuvent avoir des profils métaboliques différents, et aucune quantité de chronomètres supplémentaires n'y changera rien : c'est le plafond du non-invasif.

6.5 Les deux bornes d'une ligne

Le plancher. Une distance que le nageur a réellement nagée à cette vitesse, ou plus vite, fait plancher : l'allure proposée n'est pas plus lente que ce qu'il a démontré.

Le plafond de distance. Le programme prend la plus courte épreuve que la table du moment porte dans cette nage et ce bassin (§ 5.1) — son temps retenu, estimé compris : le plafond peut venir d'une épreuve jamais nagée. SI cette épreuve est plus lente que l'allure, ALORS l'allure s'arrête à sa distance [D32] ; sinon il n'y a pas de plafond, même quand une épreuve plus longue est plus lente qu'elle. Sur cette distance, son temps retenu est plus lent que l'allure : rien ne dit qu'il la tiendra plus loin. C'est le miroir du plancher — une distance nagée à cette vitesse fait plancher, une épreuve plus lente fait plafond.

Le 15 m et le 25 m ne comptent pas comme des épreuves ; un plafond ne rallonge jamais une distance ; et sans aucune épreuve dans cette nage et ce bassin, il n'y a pas de plafond.

La colonne « distance max » a quatre provenances, et sa bulle dit laquelle : mesure — cette vitesse a été tenue sur cette distance, et c'est tout ce qu'on en sait ; courbe — lue sur sa propre courbe vitesse-durée ; filière — sa courbe ne va pas jusque-là, et c'est un repère de population ; course — le plafond ci-dessus. Toujours un repère, jamais une limite imposée.

Où la courbe du nageur répond, et où elle se tait

⛔ La courbe n'est pas ouverte à toutes les lignes. Elle n'est consultée que pour les allures au moins aussi rapides que la vitesse critique du nageur — sans vitesse critique, pour aucune. En dessous — résistance, seuil, aérobie —, la distance affichée vient toujours du repère de population, même chez un nageur très bien couvert : sa courbe est bâtie sur ses meilleurs temps, c'est-à-dire sur des efforts maximaux, et lue à l'envers sous la vitesse critique elle annoncerait des tenues impossibles — quelques centaines de mètres pour une filière déclarée de 30 à 60 minutes. ⚠️ La frontière est en intensité, pas une liste : l'anaérobie suit le 100 réel du nageur, et un 100 faible pour son 400 peut la faire basculer.

⚠️ À la vitesse critique, la colonne fait une marche. Juste au-dessus, la distance vient de la courbe ; juste en dessous, du repère de filière. Les deux lectures ne se raccordent pas, et deux allures presque identiques peuvent afficher des distances max très différentes. Aucune source ne décrit le passage d'un domaine à l'autre : le programme n'invente pas de raccord.

6.6 Deux lignes qui ne sont pas des allures

Le panneau porte deux repères qui n'alimentent rien — ni ancre, ni pourcentage, ni distance maximale. Ils sont là parce qu'ils se travaillent et se suivent pour eux-mêmes.

  • Départ + coulée (le 15 m départ plongé) : il mesure le départ et la coulée, pas la nage [2]. C'est la portion la plus rapide de toute la course, et elle est majoritairement subaquatique.
  • Sprint 25 m : il porte un départ. Le confondre avec la vitesse de nage, ce serait mesurer un plongeon et l'appeler natation [11].

⭐ La vitesse de nage maximale, elle, est mesurée ou absente : elle se lit sur un segment lancé, ou sur deux marques d'une même course prises après la coulée. Elle ne se déduit ni d'un départ plongé, ni d'un 50 m, ni d'un pourcentage.

Une ligne vide qui invite à mesurer vaut mieux qu'une valeur fabriquée présentée comme une capacité.

6.7 Les nombres de cette section

Le tableau des nombres

GrandeurValeurStatut
Seuil, en part de la référence aérobie88,3 %publié [14]
Seuil aérobie (LT1), en part de la référence aérobie84,6 %publié [43]
Récupération, en part de la référence aérobie78 %repère publié 78,7 – 79,5 % [45], valeur prise du côté conservateur
Anaérobie sans 100 chronométré105 %direction publiée, amplitude décidée [D31]
Vitesse critique, en part de la référence aérobie92,7 % ± 2,6publié [14] — repère seul, jamais un facteur
Frontière d'éligibilité aérobie50 ml'exclusion du 15 et du 25 est publiée [2, 11, 12] ; que le 50 reste éligible est décidé [D3]
Croisement des filières75 s, bande 60 – 120 spublié [12]
Drapeaux de désaccord entre deux sourcesjaune à 10 %, rouge à 15 %choix du programme — ils signalent, ils ne décident pas