Transparence
Comment ça marche
D'où viennent les repères, les niveaux et les temps proposés — et ce qu'une estimation vaut, ou ne vaut pas.
Comment ça marche
Le chemin complet d'un chronomètre, de son entrée jusqu'à l'allure qu'il prescrit : les calculs, et la raison de chaque calcul. Tout y est écrit pour être refait — avec les données du nageur, les tables de l'étalon publiées sur sa page, un papier et une calculatrice, on doit retrouver le nombre du programme.
Introduction
Le moteur de génération de profils de nageur est un outil complexe, bâti à partir de plusieurs instruments. Nous détaillons ici le fonctionnement de ces instruments, l'usage que nous en faisons, et comment un profil de nageur se construit.
Le moteur utilise des chronos — compétition ou entraînement, course ou série test — pour établir le profil d'un nageur. Ces chronos sont ensuite comparés à un étalon, permettant l'élaboration d'un profil complet. Le moteur prend en compte toutes les performances dans le temps, et choisit celles qui sont encore pertinentes pour construire le profil.
Le moteur commence par lire — les performances, leurs voies d'entrée et les tests d'entraînement. Il trie ensuite : toutes les courses d'un dossier ne décrivent pas le nageur d'aujourd'hui, et cette partie-là dit lesquelles restent. Il traite alors ce qu'il a gardé — il résout les épreuves qui manquent. De là il fabrique ce que le coach ouvre à l'écran : les temps cibles, puis les allures.
⚠️ Ce document s'arrête là. Il décrit le moteur — ce qu'il lit, ce qu'il garde, ce qu'il calcule, et ce qu'il refuse de faire — et non les écrans qui en affichent le résultat.
Une décision rendue à une étape n'est pas défaite par la suivante. Les mécanismes 2 à 4 remplissent la table du moment ; les temps cibles et les allures la lisent — et ne voient jamais une course écartée.
Une décision rendue à une étape n'est pas défaite par la suivante. Les mécanismes 2 à 4 remplissent la table du moment ; les temps cibles et les allures la lisent — et ne voient jamais une course écartée.
Trois conventions de lecture
L'étalon
L'étalon du programme affiche des indices multipliés par mille : à l'écran, un indice s'écrit 913. Dans ce document, nous affichons les indices tels quels, avant la multiplication : 0,913. C'est dit ici une fois, et nous n'y reviendrons plus.
Tout ce qui suit repose sur cette grandeur unique :
indice = temps de référence ÷ temps du nageur
Le temps de référence dépend du sexe, du bassin, de la nage, de la distance et de l'âge de lecture — pour l'indice du profil, l'âge du nageur à la date regardée, étalé jour par jour sur l'année ; l'âge du jour de la course ne sert qu'aux questions qui le disent (§ 3.4.5). Sa construction, son échelle de niveau et le calcul complet d'un indice sont décrits sur la page L'étalon et l'indice de performance. Ce document-ci le suppose connu et décrit ce que le moteur en fait.
La source de nos calculs
Chaque nombre publié dans ce document porte l'un de ces sept statuts. Aucun n'est publié sans.
| Statut | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| ÉTABLI | Valeur publiée dans la littérature, vérifiée au texte d'origine, avec son renvoi. |
| CALCULÉ | Valeur obtenue en appliquant une équation publiée, avec sa convention écrite à côté. Le calcul se refait à la main. |
| MESURÉ | Valeur calculée sur des données publiées ou sur les tables de référence du programme, avec sa provenance écrite à côté. |
| DÉRIVÉ | Valeur obtenue en combinant des valeurs déjà établies ou calculées, par une règle écrite et rejouable. Elle n'est publiée nulle part telle quelle. |
| DIRECTIONNEL | Un ordre de grandeur assumé, borné par la littérature ou par la cohérence. Ce n'est pas une mesure. |
| DÉCISION | Un choix de projet, avec son motif. Ni une mesure, ni une source : une position tenue. |
| CONVENTION | Un garde-fou ou un plancher de bon sens, sans prétention physiologique. |
Le statut dit ce qu'un nombre est. Deux marques disent d'où il vient, et un lecteur ne doit jamais prendre l'une pour l'autre.
- [58] — une source publiée. La bibliographie complète est dans les Sources, chaque entrée disant ce qu'elle porte : la valeur exacte que ce document lui emprunte, et sur quel échantillon elle a été mesurée.
- [D6] — un choix du programme, sans source publiée. La liste Les choix du programme dit, pour chacun, ce qui a été choisi, contre quoi il protège, et ce qu'il fait accepter en échange.
Un nombre ÉTABLI porte donc un renvoi de bibliographie ; un nombre DÉCISION porte un renvoi de choix. Quand une règle a une direction publiée mais une amplitude qui ne l'est pas — le statut DIRECTIONNEL —, les deux moitiés se disent séparément et portent chacune leur marque. ⛔ Une amplitude sans source ne se rattache jamais à une publication qui ne la contient pas, et aucun renvoi n'est fabriqué pour combler un trou.
⚠️ Deux numéros peuvent lire un même article, et chacun le dit : ce sont deux lectures d'un seul papier, pas deux sources.
Les choix mathématiques
L'analyse de plusieurs valeurs
Lorsqu'on cherche le centre d'un petit nombre d'observations dans un domaine borné — par exemple la direction que prennent les autres nages d'un nageur entre deux distances — la moyenne se déplace sans à-coup et estime le centre sans biais : nous choisissons la moyenne.
Lorsqu'il faut se protéger d'un écart à la moyenne — par exemple quand une nage témoin remplace une observation manquante : là, un seul chrono aberrant ne doit pas passer seul, et la médiane est choisie.
Conserver, classer, ne jamais supprimer
Aucune performance n'est effacée. Une performance écartée reste stockée, avec toutes ses données — temps de passage, coups de bras, fréquence, coulées, temps de réaction —, reste affichée sur la courbe des courses et dans la fenêtre des meilleurs temps, et porte le motif de son écartement écrit en clair. Cette règle vaut pour chacun des mécanismes décrits ici, sans exception : ils changent ce que le profil retient, jamais ce que l'historique conserve.
« Écartée » veut donc dire une seule chose : cette performance ne construit aucune valeur. Elle n'a jamais voulu dire que la course n'a pas eu lieu. Tout ce qui constate — a-t-il nagé, quand, depuis combien de temps, à quelle date il a repris — continue de lire les courses écartées comme les autres.
Ce que le programme ne fait pas
Un outil se juge autant sur ce qu'il refuse de faire que sur ce qu'il fait.
Il ne note pas — mais il situe
Aucune note, aucun verdict. Le programme produit des faits, des comparaisons et des repères, chacun traçable à sa source. Mais donner un barreau de l'échelle de niveau et une position dans ce barreau, c'est situer un nageur : il ne dit pas « bon » ou « mauvais », il dit « ici » — et « ici » veut déjà dire beaucoup.
Il qualifie aussi : ranger un nageur parmi les sprinteurs, les polyvalents ou les fondeurs est une lecture de ses courses (§ 5.4.1). Elle est toujours tracée — sa règle est écrite dans ce document — et l'entraîneur peut la critiquer.
Il ne mesure aucune physiologie
Pas de VO₂max, pas de lactate, pas de capacité anaérobie mesurée : il déduit des positions métaboliques à partir de chronos. Et une limite est structurelle, pas provisoire : la capacité glycolytique maximale n'est pas identifiable depuis les temps [45], quelle que soit leur quantité — le détail est avec les allures (§ 6.4).
Il ne prédit pas, et il ne mesure pas sa propre justesse
Il ne dit pas quel temps sera nagé dimanche. Une estimation décrit un potentiel actuel, pas un résultat futur, et elle se lit avec sa plage : l'étendue des lectures que ses courses autorisent. Il n'affiche aucun indicateur de confiance sur ses estimations — ce qu'il donne à la place, et pourquoi, est dit avec l'estimation (§ 4.6).
Il ne voit ni la technique, ni le geste, ni la personne
Il voit qu'une nage est plus lente qu'une autre ; il ne voit pas pourquoi. Il ne dit rien de la respiration, de l'appui, de l'alignement — ni de la santé, de la fatigue ou de la motivation. Et il ne dira jamais ce qui se passe dans la tête d'un nageur le jour de la course.
Il ne connaît pas l'entraînement réalisé
Seuls des chronos construisent le profil : les courses, rapatriées ou saisies, et les tests d'entraînement (§ 1). Les séances réalisées, leur charge et les présences n'y entrent pas : le programme sait ce que le nageur a nagé chronomètre en main, pas ce qu'il a travaillé.
Ses angles morts
- Dos, brasse et papillon plafonnent au 200 en compétition. Un spécialiste pur n'a donc jamais d'épreuve officielle longue dans sa nage : son 400 vient d'un 400 entré à la main dans ses meilleurs temps, ou nagé au test de spécialité (§ 6.1.1).
- Ce qu'une nage dit d'une autre reste une indication. Quand une nage emprunte à une autre — le quatre nages peut recevoir la vitesse critique de sa nage libre (§ 6.1.2) —, l'emprunt a un coût que personne ne sait chiffrer : aucune matrice de transfert entre nages n'est publiée.
- Le 15 m et le 25 m ne s'estiment pas : ce sont des repères de vitesse, qui se mesurent (§ 1.3).
- Le 400 dos, le 400 brasse et le 400 papillon ont une référence, alors qu'aucun classement ne les contient : elle est dérivée de leur 200, et sa construction est sur la page de l'étalon.
- D'autres épreuves n'ont aucune référence. Elles ne peuvent être ni placées ni estimées, et le programme les laisse vides plutôt que d'inventer.
Les épreuves sans référence
- le 800 et le 1500 en dos, en brasse et en papillon ;
- le 50, le 800 et le 1500 quatre nages ;
- le 100 quatre nages en grand bassin, épreuve qui ne s'y nage pas ;
- le 15 m et le 25 m, qui restent des repères ;
- tout ce qui dépasse 1500 m.
La liste vaut pour les deux sexes ; elle se lit en creux dans les tables de la page de l'étalon.
Il n'est pas validé à grande échelle
Deux choses à ne pas confondre.
- La référence repose sur une masse de données, dont le décompte est publié sur la page de l'étalon.
- L'assemblage, lui, tient sur des choix. Les temps de virage, les seuils de détection et les bornes de fiabilité sont bornés par la littérature quand elle les porte, et assumés comme choix du programme quand elle ne les porte pas. Aucune population extérieure ne les a validés.
Il faut ajouter une circularité partielle : la référence vient des classements fédéraux, les profils sont lus contre elle, les conversions entre bassins sont calées sur elle. Un biais systématique de cette source se propagerait sans se voir.