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Transparence

Comment ça marche

D'où viennent les repères, les niveaux et les temps proposés — et ce qu'une estimation vaut, ou ne vaut pas. Choisissez la profondeur de lecture.

Profondeur

Amateur généraliste

Comment ça marche Brevet

Public visé : un nageur d'environ 15 ans, ou un parent. Aucune connaissance préalable.

1. Ce que le programme sait de toi

Il connaît tes temps de course, et presque rien d'autre.

De chaque temps, il retient quatre choses : la date, la nage, la distance et la taille du bassin. Il lui faut aussi ta date de naissance et ton sexe : sans ces deux-là, il ne calcule rien du tout, parce que le repère auquel il te compare dépend des deux.

Tes temps arrivent par deux chemins. Le programme va les chercher tout seul dans les résultats de la fédération — toute ta carrière, pas seulement cette saison. Et ton entraîneur peut en saisir lui-même. Les deux comptent pareil : rien ne distingue un temps rapatrié d'un temps saisi à la main.

Les temps de passage comptent aussi

Quand une compétition publie tes temps de passage, ils ne dorment pas dans un coin.

Si tu passes au 100 de ton 200 plus vite que ton meilleur 100, c'est ce passage qui devient ton meilleur 100. C'est une vraie marque officielle : on se qualifie avec.

Une chose à savoir quand même : un passage se nage sans arrivée, en gérant la suite. Il te sous-estime plutôt qu'il ne te flatte.

Et si tu nages en relais

Un temps nagé en relais peut remplir une case de ton profil quand rien de mieux ne l'occupe. En revanche, il n'entre jamais dans tes records : un temps de relais ne réécrit pas ton palmarès.

Et il doit passer les mêmes contrôles qu'une course individuelle : un relais nagé il y a des années, ou quand tu étais bien plus jeune, ne compte pas. Entre plusieurs relais sur la même épreuve, c'est le plus récent qui est retenu.

Les tests d'entraînement

Ton entraîneur peut aussi saisir cinq tests, et chacun sert une chose précise :

Le testCe qu'il donne
Un test de 30 minutes — nager le plus loin possible en une demi-heureton seuil : l'allure que tu tiens longtemps sans partir en vrille
Un 12 × 25 à fond, cinq secondes de reposta vitesse critique
Un couple 200 / 400 répété plusieurs fois sur trois semainesta vitesse critique, en mieux mesurée
Une série de 200 poussée jusqu'à ne plus tenirta VMA : l'allure de ton 400 environ
Un segment lancé — une fenêtre chronométrée au milieu du bassin, sans départ, sans mur, sans virage dedansta vitesse de nage pure

Un test ne sert que ce qu'il mesure. Le test de 30 minutes pose ton seuil, et rien d'autre : il ne touche ni ta vitesse critique ni ta VMA. Le 12 × 25 pose ta vitesse critique, et rien d'autre. Ce n'était pas le cas avant août 2026 : une seule mesure servait à tout, et le reste en descendait. Ça ne marche plus comme ça — trois valeurs, trois façons de les mesurer, aucun passage de l'une à l'autre.

Quatre de ces tests ne peuvent que te relever — par rapport à ce que le programme te crédite déjà, au moment où il regarde. S'ils montrent mieux, ton niveau monte ; s'ils sortent moins bons, rien ne descend. Un mauvais jour ne prouve pas que tu es devenu moins bon.

Le segment lancé, lui, est différent : c'est lui qui fixe ta vitesse de nage pure, plongeon et virages exclus. Sans lui — ou sans deux marques prises au milieu d'un de tes 50 ou de tes 100 —, cette ligne-là reste simplement vide. Le programme ne la devine pas.

Et si un test donne un résultat impossible — une vitesse d'endurance plus rapide que ton allure sur tes courses les plus courtes —, il refuse de l'enregistrer et dit pourquoi. Mieux vaut une case vide qu'un chiffre faux.

⚠️ Et il faut être franc sur un point : au 24 août 2026, aucun de ces cinq tests n'a encore été passé sur la base. Le programme sait les lire, ils sont prêts. En attendant, il travaille avec ce que tes courses lui donnent — et il te dit, ligne par ligne, quand une valeur vient d'une mesure et quand elle vient d'un calcul.

Ce qu'il n'a pas, et n'aura pas : ta montre, ton rythme cardiaque, une vidéo de ta nage, le contenu de tes entraînements.

2. Comment il situe ton niveau

Un temps tout seul ne dit rien. 1:12 au 100 crawl, c'est très bien à 12 ans et ordinaire à 20. Pour en tirer quelque chose, il faut quelqu'un à qui te comparer.

Le programme embarque donc, pour chaque course, un temps de référence : le 20ᵉ meilleur temps français de tous les temps, en excluant les deux saisons des combinaisons intégrales, qui fausseraient la comparaison.

Pourquoi le 20ᵉ et pas le record ? Un record, c'est un nageur exceptionnel, une fois — ça ne se compare pas d'une épreuve à l'autre. Le 20ᵉ temps, lui, représente à peu près le même niveau partout. C'est ce qui rend un 100 et un 1500 comparables.

Et si tu as 21 ans ou moins, tu n'es pas comparé aux adultes. Le programme a une seconde liste, par âge de 12 à 21 ans, séparée pour les garçons et pour les filles. Un nageur de 14 ans n'est pas jugé contre des hommes de 23 ans.

Le résultat s'écrit sous forme d'un indice. 1000, c'est le niveau du 20ᵉ Français de ton âge. 910, c'est 91 % de ce niveau-là.

Comment se fabrique un indice
Étalon — 20e Français de 17 ans8:04.17
Son Nage libre 800 m8:45.00
Indice922

1000 = le niveau du 20e Français de son âge. Ce n'est pas un maximum : on peut le dépasser.

⚠️ 1000 n'est pas un maximum. Des nageurs le dépassent.

Cet indice se range ensuite sur une échelle de treize marches, de « découverte » jusqu'au niveau international.

Les treize barreaux, et où se pose son meilleur niveau
DécouverteRégionaleNationalInternational

Indice 922 — Élite inter-région (à 92 % du niveau du 20e Français de ses 17 ans)

Il est comparé aux nageurs de son âge : sur cette échelle, le programme dit contre qui il compare, et n'écrit aucun nom de compétition à côté de la valeur.

Ton entraîneur peut choisir de regarder tes temps contre les adultes plutôt que contre ceux de ton âge. C'est une façon de regarder, rien de plus : ton profil et tes temps d'entraînement ne bougent pas d'un centième. Et à partir de 22 ans, il n'y a plus d'échelle par âge du tout — tout le monde est comparé aux adultes.

Une précision qui compte : quand il te compare à ceux de ton âge, le programme n'écrit pas le nom d'une compétition à côté de ta valeur. Il écrit le fait : « à 91 % du niveau du 20ᵉ Français de tes 15 ans ». Un nom comme « National » désigne un temps précis, le même pour tout le monde, adultes compris.

Les noms restent en revanche sur l'échelle elle-même — les bandes de couleur, les repères — sans quoi tu ne pourrais plus situer un point. Là, un nom désigne un cran de l'échelle, pas une compétition que tu aurais le droit de nager.

Progresser et baisser en même temps

Voilà la chose la plus utile de cette page, et elle surprend tout le monde.

Le même Nage libre 800, lu de deux façons
Contre les nageurs de son âgel'échelle par défaut
922 — Élite inter-région (à 92 % du niveau du 20e Français de ses 17 ans)
Contre les adultes, toutes générationsla lentille de lecture
891 — Inter-région

Le chrono n'a pas bougé : 8:45.00. Seul le peloton de comparaison change — et le barreau avec lui. Sur l'échelle de son âge, le programme n'écrit pas de nom de compétition à côté de la valeur : il dit contre qui il compare.

Tu bats tous tes temps d'une année sur l'autre, et pourtant ton indice descend un peu.

Ce n'est pas un bug. Entre deux âges, la référence bouge elle aussi — les nageurs de ton âge progressent, eux aussi, parce qu'ils grandissent. Si ta progression est un peu plus lente que la leur, ton indice baisse.

Ça veut donc dire une chose précise, et utile : tu as progressé un peu moins vite que les autres de ton âge. C'est exactement ce qu'un repère par âge existe pour dire.

Et c'est pour ça qu'un indice se lit à la date où on le regarde, jamais à celle de la course : ton chrono, lui, ne change pas — c'est le peloton auquel on le compare qui a grandi.

Ta courbe : deux bassins, deux histoires

Cette évolution se lit sur une courbe : les dates en bas, ton niveau en hauteur, un rond par épreuve.

Elle ne mélange plus tes deux bassins. Il y avait une courbe unique qui gardait le meilleur des deux à chaque distance : elle donnait une belle ligne, et elle ne racontait l'histoire d'aucun des deux bassins. Elle a été retirée en août 2026.

Tu as maintenant trois vues : 25 m, 50 m, et les deux ensemble (c'est le grand bassin qui s'ouvre en premier). Dans la vue « les deux », les deux bassins sont dessinés sur la même échelle — c'est ce qui permet de comparer : l'écart entre les deux lignes est un vrai écart. Le trait plein, c'est le 25 m ; le pointillé, le 50 m. Le bassin où tu as atteint ton meilleur niveau est tracé plus appuyé.

⚠️ Et chaque vue commence là où tu as commencé dans ce bassin. Si tu n'as couru en grand bassin qu'à partir de tes 13 ans, la vue « 50 m » démarre à tes 13 ans — pas de bande vide au début. En revanche, si tu ne cours plus, le vide à droite reste : lui, il dit quelque chose.

3. Comment il lit ton profil

Il regarde ce qui se passe quand la course s'allonge.

Répartition — l'écart au pic, et le niveau de chaque nage
Nage libre Él. interDos Él. rég.Papillon Él. rég.Brasse Rég.
  • Nage libre 800Au sommetau pic
  • Nage libre 400Au sommet−1
  • Nage libre 200Très fort−14
  • 4 nages 200Très fort−22
  • Nage libre 100Très fort−24
  • Nage libre 50Fort−47
  • Dos 100Moyen−56
  • Papillon 100Moyen−59
  • Brasse 100Faible−88

À gauche, ses quatre nages : la couleur y dit le niveau de la nage. À droite, chaque épreuve rangée par son écart au pic, avec l'écart réel d'indice — deux épreuves peuvent changer de mot pour quelques points.
⚠️ Un point ouvert, et c'est ici qu'il se voit : cette colonne écrit le nom d'un cran à côté d'une valeur lue sur l'échelle de son âge — ce que le reste de la page évite. On montre l'écran tel qu'il est ; l'arbitrage, lui, n'est pas rendu.

Certains nageurs sont très forts sur 50 et craquent sur 200 : ce sont des sprinteurs. D'autres tiennent bien sur le long : ce sont des fondeurs. Beaucoup sont entre les deux.

Le programme compare tes temps entre eux — tous tes temps, dans toutes les nages, pas seulement dans ta meilleure. Parce qu'on n'est pas sprinteur en dos et fondeur en brasse : on est un seul nageur.

Mais il ne compare pas les distances telles quelles, parce que toutes les nages ne coûtent pas le même effort. Avant de comparer, il ramène chaque course à la distance de crawl qui fatigue autant :

  • un 200 dos coûte comme 236 mètres de crawl ;
  • un 200 papillon, comme 280 mètres ;
  • un 200 brasse, comme 312 mètres — c'est la nage la plus chère.

Sans cette correction, tous les papillonneurs seraient classés fondeurs par erreur.

Ce qu'il t'écrit à la fin, ce n'est pas un mot mais deux : ton terrain principal et ton terrain d'à côté — « demi-fond · option sprint », ou « sprint pur ». Parce que « polyvalent » tout seul ne dit pas polyvalent de quoi.

Il regarde aussi entre les nages : si tu es bien meilleur en dos qu'en brasse, ce n'est pas ton moteur qui change d'une nage à l'autre — c'est simplement que tu maîtrises moins bien la brasse. Le programme le constate ; il n'en fait pas un défaut.

Enfin, il lui faut au moins deux distances différentes pour dire quoi que ce soit. Avec une seule, il n'écrit rien — et c'est normal : on ne devine pas une pente avec un seul point.

4. Comment il te donne tes temps d'entraînement

C'est le but de tout le reste.

Il y a deux questions différentes, et le programme ne les mélange jamais.

  • « À quelle allure je nagerais ma course ? » — c'est une allure de course. Ton 400 se nagerait à tel rythme. Elle dépend d'une distance précise.
  • « À quelle vitesse je dois nager cette série ? » — c'est une allure de travail : très vite, vite, moyen, tranquille, récupération. Celle-là ne dépend d'aucune course.

Tes vitesses de travail sortent de tes propres temps. Pas d'une table toute faite, pas de ton niveau : de tes temps.

Elles reposent sur trois valeurs, et chacune se mesure à part :

  • ta VMA — à peu près l'allure de ton 400. Elle se lit sur une série de 200, sur le milieu d'un de tes 400, ou à défaut sur ton 400 entier ;
  • ta vitesse critique — ce que tu tiens sur du long. Elle se lit sur l'écart entre ton 200 et ton 400, ou sur un test dédié ;
  • ton seuil — l'allure du « vert », celle de tes grosses séries. Un test de 30 minutes la mesure directement ; sinon le programme la pose à 88,3 % de ta VMA.

Aucune des trois ne se déduit d'une autre, et c'est une histoire d'âge. Chez un adulte entraîné, la vitesse critique dépasse le seuil d'environ 4,75 % ; chez un enfant ou un ado, l'écart tombe à 1 %. Cinq fois moins. Un pourcentage unique ne peut pas servir les deux — et comme tu es probablement du second groupe, c'est toi qu'il aurait mal servi. Alors on mesure chaque valeur pour elle-même, ou on ne l'affiche pas.

⚠️ Ce que ça donne aujourd'hui, en vrai. Au 24 août 2026, sur les 124 panneaux d'allures de la base : ta VMA est presque toujours lue sur un 400 estimé (79 % des cas), ton seuil vient toujours des 88,3 % — aucun test de 30 minutes n'a encore été passé — et la ligne « vitesse critique » n'existe carrément pas sur deux panneaux sur trois, faute d'un 200 et d'un 400 dans la même nage. Le programme préfère une ligne vide à une ligne inventée.

Et s'il te manque une course, il peut la reconstituer à partir de tes autres — le plus souvent la même distance nagée dans l'autre bassin. Quand c'est le cas, la ligne porte le mot estimé : il ne fait jamais passer un calcul pour un chrono.

Ton 400 mérite ses temps de passage

Si ta VMA est lue sur ton 400 entier, elle est un peu flatteuse — et ça se comprend sans calcul : dans un 400, tu pars d'un plongeon et ton premier 100 est plus rapide que le reste. La moyenne de la course est donc au-dessus de l'allure que tu as vraiment tenue.

Deux chronos suffisent à corriger ça : ton passage à 50 m et ton passage à 350 m. Le programme lit alors les 300 m du milieu — sans le plongeon, sans le finish — et c'est la vraie allure. Quand il n'a que le temps total, il te le dit et te propose de refaire un 400 avec les passages.

Et si ton 400 le plus récent n'a pas de passages alors qu'un ancien en avait, le programme reporte l'ancienne lecture sur le nouveau temps, en la faisant progresser dans la même proportion. La ligne passe alors en estimé : ce milieu-là, tu ne l'as pas nagé.

Tes deux bassins ne se mélangent pas

Chaque bassin a son propre moteur. Ton profil, tes indices et tes trois valeurs se calculent séparément en 25 m et en 50 m, sur les courses de ce bassin-là. Il n'y a pas un bassin « principal » dont l'autre serait déduit.

Quand un bassin n'a pas de quoi lire une valeur, elle voyage depuis l'autre — et l'écran dit d'où elle vient. Une valeur lue en petit bassin et affichée sur ton panneau de 50 m le précise ; elle ne se fond pas dans la colonne.

Deux de ces vitesses sont des plafonds, et sur ta séance elles s'écrivent avec un « ≤ ». Là, la consigne n'est pas « fais ce temps » mais « ne va pas plus vite que ça ». Sur une récupération, être plus lent est normal — c'est même ce qu'on te demande. Partout ailleurs, le temps écrit est un temps à réaliser.

La correction de virages

Ton allure « 200 » vient d'une course de 200 — donc d'une moyenne qui inclut les virages. Or un virage prend du temps.

Pourquoi un 50 « allure 400 » n'est pas le 400 divisé par 8
Son 4004:12.50÷ 8
Division naïve31.56
Rotations non faites0,53 s (1 − 50/400) × 0,60
Temps demandé31.03

Un 400 en petit bassin enchaîne bien plus de virages que huit 50 nagés séparément. On rend à la répétition les rotations qu'elle ne fait pas : à vitesse de nage égale, son chrono doit être d'autant plus rapide. Le temps retiré dépend de la nage : 0,60 s en crawl et dos, 0,85 s en brasse et papillon, 0,70 s en 4 nages.

Un 200 nagé d'un trait s'arrête au mur bien plus souvent que quatre 50 nagés séparément. Tes 50, eux, tournent moins. Le programme rend à la répétition les rotations qu'elle ne fait pas : il retranche ce temps-là, et le temps demandé est un peu plus rapide que la simple division.

Le temps retiré dépend de la nage : le virage ouvert de brasse et de papillon coûte plus cher que la culbute de crawl et de dos.

⚠️ Cette correction ne vaut que pour les allures de course. Une allure de travail n'est pas une course raccourcie, c'est une vitesse à tenir : on ne la corrige pas.

Quand il te manque une course

Sur une épreuve que tu n'as jamais nagée, le programme estime — ou il refuse.

Chaque case te dit d'où elle vient. Une case marquée « nagé », c'est un vrai chrono à toi. Toutes les autres sont des estimations, et elles disent laquelle : nagée en relais, ramenée de l'autre bassin, déduite de tes distances voisines, ou traduite depuis une autre nage.

Une estimation sort toujours avec une fourchette. Sa largeur ne dépend pas du nombre de tes courses mais de l'ACCORD entre les façons de calculer : quand elles tombent d'accord, la fourchette est serrée ; quand elles divergent, elle s'ouvre. Et quand il n'a vraiment pas de quoi répondre, il ne répond pas : la case reste vide plutôt qu'inventée.

⚠️ Sur une épreuve jamais nagée, il peut donc te proposer un temps plus rapide que tout ce que tu as fait. Ce n'est pas une erreur : il n'a aucun chrono à toi pour se retenir. Lis-le comme une estimation.

5. Ce qu'il fait de tes vieux temps

Un vieux temps n'est pas forcément dépassé, et un temps récent n'est pas forcément bon.

Le programme garde toutes tes courses, avec leur date. Il n'en efface jamais aucune. Quand il en met une de côté, elle reste affichée, en gris, avec la raison écrite juste à côté.

Il y a un cas où la raison ne s'écrit pas : pour estimer une épreuve qui te manque, le programme refait son propre tri, un peu plus sévère. Une de tes courses peut donc rester parfaitement valable dans ton profil et ne plus servir à cette estimation-là. Elle n'est pas écartée pour autant : c'est le calcul qui ne s'appuie pas dessus.

Ton entraîneur peut lui aussi retirer une course à la main — une saisie fausse, un chrono pris dans de mauvaises conditions. Elle cesse alors de compter dans les calculs, et elle reste dans ta liste, avec son temps et sa date.

Ce qui se passe après une coupure

La question que le programme se pose n'est pas « est-ce qu'il a couru récemment ? » mais « est-ce qu'il a récemment nagé à son niveau ? ». Enchaîner les compétitions loin de son record, ce n'est pas la même chose que s'entraîner bien et courir peu.

Et il faut longtemps avant qu'il baisse quoi que ce soit : près d'un an sans te montrer à ton niveau, et davantage encore si tu ne cours plus du tout. Une saison creuse ne fait pas de toi un ancien nageur.

Après une longue coupure : ce qui se perd, et où
  • 50 m−3,60 %
  • 100 m−6,00 %
  • 200 m−7,28 %
  • 400 m−9,04 %
  • 800 m et +−9,60 %

Perte d'indice à saturation — la plus forte que le désentraînement puisse produire. Le souffle se perd vite, le geste reste longtemps : la coupure mord surtout sur les épreuves longues. Mais un sprint perd aussi — moins, pas rien : il n'existe aucun tri « épreuve aérobie / épreuve non aérobie ». Un seul de ces points est calé sur une mesure publiée ; l'étalement entre distances est un modèle.

⚠️ Et quand il baisse, ton meilleur temps, lui, ne bouge pas. Ce qui change, c'est ce que le programme te crédite aujourd'hui — une couche posée par-dessus, qui ne touche jamais ton chrono. C'est pour ça qu'après un long arrêt, une case peut afficher un temps plus lent que celui que tu as vraiment nagé : les deux ne parlent pas de la même date.

Passé ce délai, il ne baisse pas tout de la même façon : le souffle se perd vite, le geste reste longtemps. Après une longue coupure, tu perds surtout sur les courses longues ; ton 50 tient beaucoup mieux. C'est pour ça qu'on retrouve son sprint bien avant son fond.

Et s'il peut mesurer ta baisse, il ne l'estime plus. Beaucoup de gens qui ont arrêté reviennent quand même nager une fois dans l'année, souvent un relais avec leurs anciens copains de club. Quand cette course existe, le programme compare ce que tu y vaux à ton meilleur niveau d'avant, et c'est cet écart-là qu'il applique, pas une moyenne générale.

Les autres raisons de mettre une course de côté

  • Tu as progressé ailleurs depuis. Une vieille course peut sortir parce qu'elle ne parle plus de toi. Celle-là ne te juge pas — et elle ne suppose rien : le programme regarde d'abord si tu as recouru cette épreuve dans ce bassin, et il te dit ce qu'il y a vu.
  • Tu étais bien plus jeune. Le repère de ton âge a tellement bougé depuis que cette course raconte un autre nageur — toi, mais il y a longtemps. Ce cas ne concerne que les jeunes, et il se déclenche sur l'écart d'âge, jamais sur ton âge d'aujourd'hui.

Enfin, si l'un de tes chronos est très en dessous de tout le reste, il est marqué « à vérifier ». C'est une question posée sur la saisie du temps, pas un jugement sur toi.

6. Ce qu'il faut savoir avant de s'y fier

  • Il te situe, il ne te note pas. Il donne une marche sur l'échelle et ta position dans cette marche. Situer, ce n'est déjà pas rien — mais ce n'est pas une note, et un nageur ne se résume pas à un chiffre.
  • Il ne voit pas ta technique. Il voit qu'une nage va moins vite qu'une autre. Il ne voit pas pourquoi. C'est une vraie limite, et elle ne se comblera pas avec plus de chronos.
  • Il ne sait pas comment tu t'entraînes. Il connaît tes compétitions et les quelques tests que ton entraîneur lui donne, rien de plus.
  • Il est en version bêta. Il peut y avoir des erreurs de calcul. Si un chiffre te paraît absurde, il l'est peut-être — dis-le.
  • Il ne remplace pas ton entraîneur. Il lui donne des chiffres. C'est ton entraîneur qui décide.